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La visioconférence assure le transport simultané et en temps réel de la voix, de l’image animée en couleur, et de données textes, graphiques ou images en tant que support et contenu de réunion. Tout système de visioconférence requiert sur chaque site :
Existant depuis environ 20 ans, la visioconférence a fait ses classes dans un milieu professionnel plutôt étroit : Solutions hardwares, élitistes au niveau du prix et du déploiement, nécessitant des connections RNIS 128KBPS à 384 KBPS, qui ont donné le jour à une normalisation de l’ITU ( International Telecommunication Unit) en 1990. La norme H320 : Visioconférence sur réseau RNIS, offre des services adaptés au monde des entreprises principalement pour des communications entre établissements (salles de conférences équipées), principalement point à point , avec une qualité de communication audio et vidéo très acceptable, mais une fiabilité de mise en œuvre difficile. (Difficulté de mise en œuvre de plusieurs ligne simultanées ; mauvaise gestion de perte de paquets,…). Les possibilités multipoints, via des serveurs appelés MCU (Multipoints Control Unit), excessives au niveau des coûts, restent en tout état de cause limitées quand au nombre de participants simultanés. Enfin, cette technologie, de par ses contraintes de connexion et de réseaux, n’est pas adaptée à des déploiements de masse, tant au niveau d’entreprises, que de marché grands publics. Depuis les années 90, des technologies de visioconférence ont vu le jour sur les réseaux IP. CUseeMe le premier, initialement développé par l’université de Cornell à New York à l’initiative d’un consortium international comprenant entre autre le Gouvernement Américain, la NASA, le CERN, et des sociétés privées telles CISCO, a démontré la faisabilité d’un tel paradoxe : transporter de la vidéo et de la voix en temps réel sur un réseau crée pour transporter des information en paquets. Le cahier des charges impliquait outre le respect des protocoles de communication, la possibilité de diffuser des flux audio et vidéo sur des réseaux à faible bande passante. L’université de Cornell a mené ces recherches avant de confier à White Pine Software (devenu CuseeMe Networks) la commercialisation du premier vrai produit de visioconférence IP fin 1995 : Cu-SeeMe. Avec l’adhésion de nombreux acteurs, l’ITU a défini une norme de visioconférence sur réseaux TCP/IP en 1996 : La norme H323. Depuis 1997, avec une évolution croissante quasi exponentiellement, cette technologie offre une alternative plus qu’honorable en terme de qualité aux solutions RNIS H320. Elle permet d’utiliser tant les réseaux d’entreprise que l’Internet, de s’adapter aux différentes bandes passantes disponibles, à des qualités variables, de communiquer en point à point ou en groupe, le tout à un coût d’investissement comme d’utilisation bien en deçà des technologies RNIS. Les enquêtes des analystes Américain font état d’un marché à forte croissance pour les prochaines années. La norme H323 définit la possibilité d’échange en temps réel de flux audio, vidéo, et partage de données sur réseaux IP - donc Internet ou Intranet - normalisés. Ce type de réseaux : transport d’information par paquet, bien que initialement impropre à des communications temps réel fiabilisées car n’offrant pas de garantie de service et de livraison, s’avère un vecteur phénoménal du succès des technologies de conférence multimédia. Outre la généralisation, et l’adoption universelle de ce standard, la flexibilité et la généralisation des connexions et des accès intra ou inter entreprises, en fait « LE » réseau à utiliser. De plus, la ou les toiles IP existantes permettent à peu près tous les business modèles associés aux flux multimédia que ce soit en point à point ou en configuration multipoints à différentes échelles. Enfin, les coûts d’utilisations associés soit à l’Internet ou aux réseaux plus ou moins généralisés d’entreprises (Intranet et VPN), s’avèrent assez limités ou tout au moins partagés avec les autres ressources de l’entreprise. Aujourd’hui, la grande majorité des acteurs de la visioconférence a une offre H323, soit spécifique, soit intégrée à son offre H320. Si début 2000 environ 55% des terminaux de visioconférence étaient seulement RNIS, 90% aujourd’hui proposent les 2 alternatives. Mais, le positionnement lui même du marché H323, en concurrence du monde H320, bien que les produits H323 soient mis sur le marché par les mêmes acteurs, maintient un flou artistique où le dernier à s’y retrouver est le client final. Les acteurs majeurs de la visioconférence, restent donc farouchement accrochés à leur acquis, et ne proposent pas facilement l’alternative IP. Tout d’abord, les réseaux de vente sont mal ou peu formés sur ces nouvelles technologies, mais les marges dégagées encore aujourd’hui sur les ventes des systèmes et services H320 restent bien supérieures en valeur absolue, à celles du monde IP. Enfin, il est à noter que la "guerre des standards" n'est pas terminée et ne se limite pas à H320 contre H323. D'autres acteurs des télécommunications et des réseaux proposent des alternatives pour collaborer en temps réel sur des réseaux, et par exemple, le standard SIP (Session Initiation Protocol), issu du monde des réseaux: IETF (Internet Engineering Task Force), est poussé en challenger de H323 pour les communications en visioconférence sur réseaux IP. Microsoft a notamment opté pour ce standard dans sa solution de visioconférence logicielle associé à son messager sous Windows XP.
D'après l'analyste Frost & Sullivan, les revenus dérivés des ventes de systèmes de visioconférence de groupe ou individuels en Europe, vont plus que tripler entre 2000 et 2007, passant de 164 Millions USD à 519 Millions USD. Cette augmentation malgré tout devrait être catalysée par la migration des systèmes vers des solutions IP. Si la majorité des utilisations est aujourd'hui effectuée par des grandes entreprises et le top management , ce scénario est supposé évoluer durant la même période vers la pénétration du marché des entreprises de petite et moyenne taille, et l'utilisation ne serait plus restreint aux échelons les plus hauts, mais proposée à toutes les réunions quotidiennes à distance. A noter toutefois que les offres logicielles semblent avoir la préférence des analystes mais aussi des grands acteurs pour des déploiement de masse. France Telecom par exemple, est en train de bâtir une offre de service de conférences sur les technologies H323 logicielles. La versatilité des matériels informatiques rend difficilement rentable une offre hardware, dont la technologie restera figée plusieurs mois voir plusieurs années par rapport à l’évolution des processeurs et CPU. Il est intéressant aussi de remarquer que contrairement aux idées reçues, il n'y a pas eu à proprement parler de boum pour le marché de la visioconférence après les évènements du 11 Septembre 2001, et les réductions de déplacements professionnels. Toutefois, l’urgence dans laquelle certaines entreprises ont voulu s’équiper a dopé un peu plus les ventes de systèmes H320, du fait de la simplicité du contexte de mise en place : (Un terminal–une ligne RNIS–Un terminal). Mais l’intégralité de ces nouveaux équipements, compatibles H323, seront intégrés lorsque ces mêmes entreprises, avec du recul voudront rationaliser et étendre leurs solutions communicantes. Frost & Sullivan évalue l'évolution du marché des infrastructures pour la visioconférence (MCU, passerelles et gatekeepers principalement), de 37.5 Millions USD en 2001 à 125.5 Millions USD en 2008. Si les MCU sont censés contribuer à 80% à cette augmentation, les ventes des gatekeepers devrait aussi être boostée par la prise de conscience de l'importance de la gestion des systèmes et des réseaux. |